Nous sommes Charlie

publié le 9 janvier 2015

Un petit enfant saisit maladroitement un crayon. Puis, progressivement, il affine son geste et dessine, seul moyen d’expression écrite pour décrire son environnement, ses joies, ses peurs. Plus tard, il apprendra à lire et écrire. Son crayon deviendra symbole de liberté. Cet objet anodin qui permet d’exprimer ses sentiments, sa révolte, son opposition, sa résistance.

Résister ; c’est bien ce qu’ont fait les journalistes/dessinateurs de Charlie Hebdo pendant des années. Malheureusement, ils en sont morts, payant pour leur combat, leur courage d’avoir poursuivi leur travail malgré les menaces, leur honnêteté intellectuelle.

Spontanément, le peuple français s’est rassemblé pour manifester son soutien, son refus de toute censure, sa colère. Dans de nombreuses villes, des individus se sont levés avec, pour seule arme, un crayon. Ce crayon qui libère l’expression. Par sa réactivité, le peuple a montré son sens civique, sa conscience politique, deux expressions qui semblaient avoir disparu depuis quelque temps au vu des dérives qui se sont installées dans notre pays. Les citoyens ont fait preuve de plus de dignité que les responsables des différents partis politiques qui n’ont même pas eu la décence d’attendre la fin du deuil national pour briser l’union.

Mercredi soir, de nombreux individus ont convergé vers un point de rassemblement, sans banderoles, sans slogans. Dimanche, la manifestation dite républicaine risque de ressembler à une manifestation habituelle, avec son lot de politiques qui voudront se montrer et qui rivaliseront de pseudo-bons sentiments dégoulinants.

Ne cédons pas. Ne nous laissons pas entrainer dans la banalisation de cet événement. De nombreux observateurs s’accordent pour dire que l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo marquera l’histoire de notre pays. Alors, le meilleur hommage que l’on puisse rendre aux hommes et femme qui ont été abattus est de
pérenniser cette unité.

Dimanche, nous, citoyens, serons nombreux à participer à la manifestation. Mais cela ne suffit pas. Individuellement, poursuivons la lutte et entrons en résistance. « Je fais ma part », dit le colibri. C’est le moment de le prouver. Mettons en échec les minorités qui veulent nous faire taire et nous diviser.

N’acceptons pas l’insupportable. Mourir pour un dessin... Le monde entier a réagi et soutient la liberté de la presse si précieuse en France.

Les statuts de notre association (1) et nos engagements nous permettent d’afficher notre soutien et notre résistance à tout ce qui peut museler la liberté d’expression, l’indispensable esprit critique, la fondamentale liberté de pensée.

Caen, le 8 janvier 2015
Sylviane Quèze
Présidente de la FFUTAN


(1) Le mouvement est basé sur la compréhension et la solidarité internationale qui ne peuvent se maintenir et se développer que dans la paix et la liberté. Le fondement de son programme culturel réside dans l’évolution des peuples vers une société démocratique, socialiste et humaniste, rejetant les inégalités d’ordre économique, ethnique et soucieuse de créer des conditions de vie équitables pour tous. Il demeure indépendant à l’égard de tout groupement politique ou confessionnel quel qu’il soit et refuse tout prosélytisme en son sein. L’Ami de la Nature est un écocitoyen, bien ancré dans la cité, attaché aux valeurs républicaines, attentif à la notion de tolérance et de respect de l’autre, rejetant tout extrêmisme....