La MONTAGNE pour TOUS

publié le 3 janvier 2021

« Les Alpes sont ce qu’il y a de plus beau, de plus prenant, de plus éducatif dans la Nature et la classe ouvrière, créatrice de toutes les richesses se doit d’en revendiquer sa part. »
Alpinisme et Classe ouvrière - L’Ami de la Nature n°3 - Mai 1936


Olivier Hoibian est historien et sociologue, mais aussi guide de haute montagne. [1]. C’est sous sa direction qu’un groupe d’universitaires a publié cet ouvrage. [2]

L’un des chapitres intitulé « les groupements populaires de montagne en France » écrit par Olivier Hoibian lui-même fait une large place aux Amis de la Nature et rappelle les valeurs fondamentales et les origines sociales de notre mouvement.

La montagne pour tous, la génèse d’une ambition dans l’Europe du XXème siècle

Les excursions en montagne et l’alpinisme, dans leur conception moderne, voient le jour en Europe, à l’aube du XIXe siècle. La conquête du Mont-Blanc, en 1786, représente, au moins symboliquement, l’acte de naissance de cette nouvelle forme de loisirs cultivés et mondains. Cet exploit lance un vaste mouvement de conquête des principaux sommets des Alpes et des Pyrénées.
Les représentants de la « bourgeoisie éduquée » jouent un rôle déterminant dans la création des premiers Clubs alpins à travers l’Europe occidentale entre 1857 en Angleterre et 1874 en France. En établissant les valeurs et des normes « du bon usage de la montagne », ils contribuent à la promotion, auprès de leurs contemporains, d’une forme inédite de tourisme.

Les groupements populaires de montagne en France, l’affirmation d’une revendication

Au-delà des évolutions comparables des grands Clubs alpins d’Europe, caractérisées par l’influence des élites cultivées, le désir de gravir les cimes et d’arpenter la moyenne montagne gagne bientôt de nouvelles catégories sociales. L’aspiration à « la montagne pour tous » commence alors à émerger. Des voix s’élèvent pour réclamer une véritable démocratisation de l’alpinisme et de la randonnée. Cette revendication émane principalement des groupes au recrutement plus populaire qui développent leurs propres modes de sociabilité.

Les cultures nationales et les traditions locales vont peser sur les formes de mobilisations en faveur des loisirs et produire des effets variés selon les territoires. Les éclairages présentés permettent d’identifier les dynamiques sociales à l’œuvre en Angleterre, en Suisse, en Italie, en Allemagne, en Autriche, en France et sur le versant espagnol des Pyrénées depuis la Catalogne jusqu’au Pays basque. Cet ouvrage se propose de restituer ce passé méconnu dans toute son épaisseur historique, par une approche comparative depuis le début du XIXe siècle.



[2Editions Le pas d’oiseau ISBN : 978-2-917971-91-8 – 254 pages, 16 x 24